Otospongiose - L'opération

Publié le par Poulattitude

Suite au concerto Otospongiose en ré mineur, voici un petit article pour vous décrire l'opération et les suites de celles-ci (enfin, surtout les suites, car de l'opération, je n'ai pas vu grand chose ;) .)

Encore une fois : nulle envie de me faire plaindre, juste une envie de partager mon vécu afin de peut-être rassurer les éventuels otospongieux que vous êtes. Bref, une alternative bénéfique à Doctissimo :)

Ce matin-là, elle se leva à 6h30 après une nuit pourrie. 6h30, c'était l'heure habituelle... mais ça... c'était avant (le chômage) ;)

Bon après tout, ce n'est pas comme si elle n'allait pas dormir toute la matinée.

 
A peine levée, elle croisa son Monsieur en furie : panne de boxer propre. Y a pas à dire, c'est nettement plus embêtant qu'une anesthésie générale imminente.
Ne trouvant aucun boxer ni au sale, ni à sécher, elle se posait des questions existentielles sur les inquiétantes disparitions inexpliquées des boxers troués, quand elle entra dans la cabine de douche. L'infirmière lui avait bien dit de se doucher "de la tête aux pieds." C'est à se demander comment font les "no poo" qui doivent se faire opérer... Sa tignasse rebelle "few poo" accepta d'être mouillée après moultes tentatives.
Elle sortit de la douche et fut arrosée par une nouvelle de taille : Monsieur avait retrouvé ses boxers.
Alleluia !
 
Elle entra dans la cuisine et se rappela que le petit-déjeuner était strictement interdit. Elle embrassa ses mini-pousses et les laissa à la nounou, embarqua sa valise et se dirigea vers le tramway.
 
On la fit accoster dans une chambre simple, avec supplément... (mais elle se rappelait trop bien les souvenirs des chambres doubles, ça valait le coup de faire péter la monnaie, croyez-moi.)
Elle enfila la blouse la plus grande que l'univers ait créée, et attendit.
Au bout d'un temps certain, on entra lui prendre sa tension et sa température, et lui filer 3 comprimés. "Pour se relaxer".
"Mais je SUIS relax !"
Elle les avala quand même.
 
 
Elle attendit encore, jusqu'à ce que le brancardier arrive. Elle posa alors ses lunettes à contrecoeur sur la table, et s'assit sur un fauteuil roulant flou. Ils traversèrent quarante-douze services à l'aveugle et saluèrent trente-seize visages flous.
Elle monta à l'envers sur un lit roulant. On n'était plus à ça près, après la blouse à l'envers.
 
De toute façon, elle devait commuter 5 mètres plus tard sur un brancard.
L'attente fut, cette fois-ci, éclair, et tant mieux. Elle se fit piquer avant que le néant ne surgisse. Il devait être 9h-9h30.
Poser ses lunettes. 
Accoster sur un fauteuil roulant. Traverser quarante douze services à l'aveugle
Monter à l'envers sur un lit roulant.  Après tout,  j'avais déjà mis ma blouse à l'envers, on n'était plus à ça près. 
Commuter sur un brancard.
Dire bonjour à 12 000 personnes dont tu ne vois pas la tronche. 
Se faire piquer.
 
Se réveiller on ne sait où. Se reréveiller dans sa chambre. Comater.
 
Lire. Comater.  Bidouiller son téléphone.  Comater.  
 
Salut l'infirmière.  Oui ça roule. Douleur de 1 à 10 ? Ben... zéro. 
 
Recomater.
 
Mal au crâne  : habituel.
Tension : ok.
Rapidité de l'esprit : néant. 
 
Comater.
 
Se contorsionner pour changer de tshirt (la perfusion,  c'est chiant. )
 
Comater.
 
Non je vous assure,  l'infirmière,  j'ai toujours pas la nausée. Je prends quand même le cachet ? Ok, ok.
 
Bidouiller sur son téléphone. 
 
18:20 - le plateau dîner est servi.  Voyons si l'agueusie était encore une blague de Doctissimo. Je sens du goût sur la moitié de ma langue,  l'autre côté,  c'est du carton.  Ca suffira pour ce plateau repas dégueulasse.  Punaise,  il m'ont mis du beurre doux : quel affront à mes origines! 
Ah ! Les voilà!  Pas les nausées,  non, mais leurs potes les vertiges. Pas violents, non, juste une grosse vague à bâbord quand mon tympan s'amuse à s'ouvrir et se fermer.
 
Visite expresse de Monsieur et encore plus expresse de Monsieur le docteur.
"All right?
All right."
 
A demain,  les lapins !
Poser ses lunettes. 
Accoster sur un fauteuil roulant. Traverser quarante douze services à l'aveugle
Monter à l'envers sur un lit roulant.  Après tout,  j'avais déjà mis ma blouse à l'envers, on n'était plus à ça près. 
Commuter sur un brancard.
Dire bonjour à 12 000 personnes dont tu ne vois pas la tronche. 
Se faire piquer.
 
Se réveiller on ne sait où. Se reréveiller dans sa chambre. Comater.
 
Lire. Comater.  Bidouiller son téléphone.  Comater.  
 
Salut l'infirmière.  Oui ça roule. Douleur de 1 à 10 ? Ben... zéro. 
 
Recomater.
 
Mal au crâne  : habituel.
Tension : ok.
Rapidité de l'esprit : néant. 
 
Comater.
 
Se contorsionner pour changer de tshirt (la perfusion,  c'est chiant. )
 
Comater.
 
Non je vous assure,  l'infirmière,  j'ai toujours pas la nausée. Je prends quand même le cachet ? Ok, ok.
 
Bidouiller sur son téléphone. 
 
18:20 - le plateau dîner est servi.  Voyons si l'agueusie était encore une blague de Doctissimo. Je sens du goût sur la moitié de ma langue,  l'autre côté,  c'est du carton.  Ca suffira pour ce plateau repas dégueulasse.  Punaise,  il m'ont mis du beurre doux : quel affront à mes origines! 
Ah ! Les voilà!  Pas les nausées,  non, mais leurs potes les vertiges. Pas violents, non, juste une grosse vague à bâbord quand mon tympan s'amuse à s'ouvrir et se fermer.
 
Visite expresse de Monsieur et encore plus expresse de Monsieur le docteur.
"All right?
All right."
 
A demain,  les lapins !
Elle se réveilla on ne sait où. En tous cas, c'était flou.
Quand elle ouvrit l'oeil à nouveau, elle avait changé de lit et était dans sa chambre. Elle comata jusqu'à voir l'aiguille sur 13h30.
 
Là, l'infirmière surgit.
"Vous avez mal ?
- Non.
- Quelle est votre douleur sur une échelle de 1 à 10 ?
- Ben, euh... zéro ?"
Ok, zéro, c'est pas dans l'échelle, mais on s'en fout.
 
Elle recomata bien longtemps, se faisant régulièrement réveiller en sursaut par des coups de fils de Monsieur.
 
Mal au crâne  : habituel.
Tension : ok.
Rapidité de l'esprit : néant. 
 
Elle décida alors de se contorsionner pour changer de tshirt. Pas fastoche avec la perfusion. Une fois l'opération accomplie, elle se sentait fière comme un Mr Bean qui réussit à retirer son pantalon en gardant son slip au-dessus (ben quoi, vous n'avez jamais vu Mr Bean à la plage ?)
 
On lui donna des cachets contre la nausée, bien qu'elle n'ait pas spécialement la nausée.
 
A 18h20, le dîner était servi et ce n'est pas la faim qui lui manquait. 
Voyons si l'agueusie était encore une blague de Doctissimo...
Elle sentait une moitié de goût sur la langue, ce qui, ma foi, était fort suffisant pour la saveur de ce plateau-repas.
 
Ah ! Les voilà!  Pas les nausées,  non, mais leurs potes les vertiges. Pas violents, non, juste une vague à bâbord quand son tympan s'amusait à remuer, sous l'action de hoquets, éructations ou avalage de salive.
 
Monsieur pointa son nez vite fait, et le médecin décida de venir en même temps. 
"Vous n'avez pas de vertiges ?
- Euh, si, en fait quand mon tympan remue, j'ai l'impression que...
- Très bien, je savais que vous n'auriez pas de vertiges ! Vous n'en aurez pas !"
Il les laissa dans la chambre comme deux ronds de flan, en concluant qu'elle aurait pu sortir de la clinique immédiatement, en fait.
 
La première nuit se passa bien, enfin, aussi bien qu'on puisse l'espérer, dans un lit de hobbit (comment ses pieds pouvaient-ils toucher le bout du lit, alors qu'elle était si petite ?), avec un matelas dur comme une planche, une housse de couette en plastique et une perfusion vide depuis des heures. Sans parler de l'infirmière qui lui fila une rouste car elle ne devait pas se lever avant 24 heures... Elle s'était juste levée dix fois, mais chuuut !
Elle se réveilla donc en pleine forme, hormis les mini-vertiges, la migraine et l'envie de bouffer un vrai truc. NON, pas un croissant à la margarine !
 
Elle put enfin rentrer à la maison, accueillie par une table non-débarrassée, un lave-vaisselle plein et une machine à laver prête à laver... des boxers :) Welcome back home !

Publié dans otospongiose

Commenter cet article

Jenny 26/06/2017 15:43

Bonjour,

j'ai été opérée des 2 oreilles pour une otospongiose.
ce que vous racontez c'est le lot de tout le monde pour une intervention, tout est banalité.
A ceux qui doivent se faire opérer, aucune inquiétude, pas de douleur, pas de vertige. Après quelques jours où le bruit est insupportable, on s’habitue et tout rentre dans l'ordre.
Le seul bémol est que la maladie évolue toujours . La surdité revient avec le temps

Poulattitude 26/06/2017 21:48

Merci pour votre témoignage positif sur l'opération :)

Julie 13/01/2017 01:54

J'aurais du lire ton article au lieu de lire ceux de docti. . C'est bien plus rassurant ici. .
Alors l'après? Comment tu faisais pour dormir?
Courage... je ne suis pas encore rentrée chez moi mais je sais qu'une belle machine m'attend.

Poulattitude 13/01/2017 09:04

Aha ;) courage alors pour la suite, mais y a pas de raisons que ça se passe mal !
Pour dormir, ben ça m'a jamais posé problème, je dors sur le dos ;) sinon tu dors sur l'autre oreille !

Fr@nk 07/05/2015 17:34

Dit comme ca ... ca ne me fait presque pas peur ! Bon hormi le discours du doc ... c'est finalement ca le plus flippant, ou alors le lave vaisselle :(

Poulattitude 07/05/2015 18:43

Le lave vaisselle!! ! :D certainement !