Mon projet professionnel depuis 1985

Publié le par Poulattitude

Mon premier souhait professionnel date de mes trois ans et de ma fascination pour les égouts (comme le Haricot, étonnamment )Faut dire que c'est fascinant, ces kilomètres de galeries sous la ville... non ?

Afin de pouvoir m'évader en douce pendant mon temps de travail pour aller boire un Oasis chez mon Papy et ma Mamie, j'avais pour idée de devenir égouttière et de remonter discretos par la cuvette des toilettes , dégoulinante de caca dans leur pavillon rutilant de leur fameuse banlieue nord. Je pense qu'ils en auraient été ravis.

Source : bondyblog.liberation.fr

Source : bondyblog.liberation.fr

En fait, je n'étais déjà pas si sûre de moi à l'époque : j'hésitais à devenir éboueuse (ripeuse pour les puristes, mais ce terme n'existait pas encore à l'époque), ou bien alors même conductrice de camion poubelle. L'idée m'a duré assez longtemps pour que j'en parle sérieusement avec mon amie Lucie en CM1, qui m' a affirmé que son oncle éboueur refusait d'être promu conducteur car il préférait mettre la main dans le caca à la pâte pour y dégotter plein de merveilles. Un vraiment chouette métier, en somme.

source : buzzle.org

source : buzzle.org

L'année de CM2 fut une année riche en création : j'inventai le fameux personnage "Artichaut", un homme à tête d'Artichaut, et narrai ses histoires dans de savoureuses bandes dessinées. Du coup, mon projet pro prit un nouveau virage : je serai le futur Hergé.

source : tintin-et-milou-vlog.skyrock.com

source : tintin-et-milou-vlog.skyrock.com

Le collège, vous le savez tous : c'est la merde. C'est surtout un moment désagréable où notre corps nous échappe complètement, et donc bizarrement les collégiens cherchent à se raccrocher au conformisme. Stop la BD et welcome l'idée saugrenue de devenir prof de biologie.

source : visioneng.fr

source : visioneng.fr

Et pourtant, la prof n'appréciait pas beaucoup mes qualités de première ou deuxième de la classe (ben ouais, chaque trimestre, c'était la guerre : faut bien trouver un but dans la vie, même s'il ne sert à rien), je crois que ma goule ne lui revenait pas ou alors c'est parce que je dessinais "avec un pieu." Bah quoi ? Entre mes mains, un HB devient un 4B, c'est pas ma faute (désolée pour ceux qui ne comprennent pas, ça ne change rien à la suite du texte ;) )

Malgré tout, mon masochisme avait ses limites : je n'avais pas choisi d'être prof de musique, et pour cause : le fameux prof de musique qui nous racontait son accident de poussette, responsable apparemment de sa connerie exacerbée qui lui donnait le droit de me prendre pour sa girouette attitrée. Il me faisait tourner encore et encore devant le tableau afin que je désigne la prochaine personne interrogée. Double peine donc, de se sentir humiliée et, en plus, de désigner le prochain à passer au pilori.

L'école a eu raison de moi : arrivée au lycée, je ne savais plus du tout, mais alors, du tout, ce que je voulais faire de ma life. J'écumais donc, non les bars, mais les conseillers d'orientation qui, en lieu et place d'une boule de cristal, lisaient donc les bulletins : "ah... c'est très bien ! Vous serez donc médecin, vétérinaire... ou vous ferez normale sup'..." J'étais tout sauf convaincue. Tout ce que je savais, c'est que je ne voulais pas faire comme tous mes collègues que je haïssais profondément (désolée pour ceux qui me lisent, mais évolution et pardon sont à présent mes premières qualités ;) ) : math sup' ou médecine. C'est alors qu'on m'a parlé au détour d'un dîner d'une chose inespérée : les arts appliqués. Mon seul échappatoire à ce lycée nauséabond étant la peinture, je me suis engouffrée la tête la première dans la brèche, tant et si bien qu'à 17 ans, j'intégrai la fameuse école Olivier de Serres à Paris.

source : phenomenehippie.e-monsite.com

source : phenomenehippie.e-monsite.com

Un saut vers une vie inconnue, là où tu peux être nul même en bossant comme un forcené, là où les gens ont les cheveux bleus, verts ou violets, là où tu découvres ce que tu avais oublié : l'amitié, ce que tu n'avais jamais connu : la liberté, et ce qui nous fait souffrir à tous les coups : l'amour.

Et le boulot aussi : en bossant un été et un Noël dans un hôpital avec des vieux :) D'abord pour leur servir la pitance, un boulot qui semble fastoche mais qui est assez stressant en fait, et très solitaire. Ensuite comme ASH faisant fonction d'aide soignante (oui, ne me demandez pas comment c'est possible avec ma formation qui n'avait rien à voir. J'ai même passé le nouvel an seule dans mon unité et vous auriez du trembler pour vos ainés ce jour-là... mais finalement aucun d'entre eux n'a clamsé entre mes mains). Je suis devenue la pro des vidages de poche-caca mais vraiment nulle en transferts de vieux fauteuil-à-lit, en tous cas c'était cool.

Trêve de bavardages : trois ans plus tard, je devins donc officiellement designer, la classe sur le papier mais moins en vrai, parce que, on ne t'avait pas prévenu mais ya pas de place et la galère est de rigueur. Et puis moi, mince : je ne sais pas me vendre et je dessine comme un cochon (remember l'histoire du "pieu" en biologie ;).)

 

J'ai donc vendu mon bac+2 et -surtout- mes notes au bac pour me faufiler dans une école d'ingénieur.

 

source : usinenouvelle.com , mais sans la barbe, c'est tout à fait moi : "Place ! Voici l'Ingénieur !"

source : usinenouvelle.com , mais sans la barbe, c'est tout à fait moi : "Place ! Voici l'Ingénieur !"

Dois-je te faire un dessin pour t'expliquer combien une école d'ingé est différente d'une école d'arts appliqués?

Ben, en fait, j'ai juste eu l'impression de retourner en maternelle. .. ou, pire, au lycée... ou au collège, je ne sais pas... Je parle là des élèves et non des cours, et encore une fois désolée pour ceux qui me lisent, mais je crois qu'on a de toute façon bien changé :)

Enfin bref, voilà, j'ai trouvé mon équipe au sein de ce remake du collège et on s'est finalement bien marrés. J'ai plutôt pas trop kiffé mes stages, je dois dire, enfin plus précisément je me suis trop souvent faite chier.

Et après, j'ai bossé. D'abord dans une boîte qui me tenait vraiment à coeur, proche de mes engagements environnementaux, ensuite dans une boîte qui me tenait beaucoup moins à coeur, mais qui répondait à mon besoin de "terrain".

 

Et puis... ça a clashé suite à mon retour de congé mat (mais vous savez déjà tout), je me suis accrochée malgré tout. Puis je me suis amochée drôlement au retour du boulot en trottinette en juin 2014 (j'ai volontairement tu cette honteuse histoire sur mon blog ;) ). Ca a été l'une des gouttes d'eau qui ont fait déborder le vase.

Cette course continuelle, ces deux heures et demi de trajet A/R, cette non - reconnaissance, l'impression d'appartenir, comme Benjamin Malaussène, à un service "bouc émissaire "...

J'ai commencé par demander un congé individuel de formation pour un projet pro que j'avais en tête , qui a été gracieusement accepté par ma boîte (on peut aussi en déduire que ma chef en avait vraiment marre de ma tronche)... mais refusé par le FONGECIF ;) Déception ou coup du sort ? Ce n'était probablement pas la bonne voie de toute façon. Sauf que dans ma tête, rien n'était clair.

Cette envie de m'occuper des gens, qui n'était pas du tout présente à la sortie du lycée (en mode ado : "j'aime pas les gens"), me faisait de l'oeil depuis longtemps. Cela faisait plus de 4 ans que je m'étais renseignée sur la formation d'infirmière, sans jamais sauter le pas : ça ne plaisait pas à mes parents, ça ne plaisait pas à mon homme, c'était compliqué...

Aujourd'hui, j'ai compris une chose grâce à Martine et je la dirai sans détour : on s'en fout :)

J'ai demandé à partir avant Noël, car l'ambiance me pesait trop. Je ne savais pas ce que je ferais après, mais ça serait sûrement mieux quand même. J'avais besoin d'une rupture conventionnelle pour pouvoir me retourner, alors je ne fis pas ma difficile sur le timing et attendai le feu vert.

Chez moi, mon dossier pour l'école d'infirmière était prêt, mais je ne l'avais pas envoyé. J'attendais un déclic. Inconsciemment, j'attendais que ma copine vienne ce jour-là et me mette un coup de pied au cul. Et c'est ce qu'elle a fait, la veille de la clôture des inscriptions. La suite, vous la connaissez ou alors rendez-vous ici et :) Et l'histoire commence maintenant !

source : ambiance-party.eu

source : ambiance-party.eu

Publié dans Réflexions, Nursetobe

Commenter cet article

Caroline 08/09/2015 11:39

Bravo pour ce parcours plein de doutes mais de succès aussi ! Et c'est bien quand on est capable de se remettre en cause je trouve...

Poulattitude 08/09/2015 13:15

En espérant que cette fois, c'est la bonne ;) merci !

Fr@nk 07/09/2015 09:19

Un sacré parcours ... nous avons en commun le camion poubelle :)
C'est cool de pouvoir faire ce que l'on souhaite et réussir a retomber sur tes pattes !

Place a l'avenir !

Poulattitude 07/09/2015 10:38

Lol pour les camions poubelles :)
Merci !

Seb Papounet 28/08/2015 23:02

Tu as déjà bien bourlingué si je peux m'exprimer ainsi ^^ Mais au final, quid de cet oral finalement ?
Infirmière ou pas alors ?

poulattitude 29/08/2015 08:47

ah oui ! mais dans 3 ans :)

norset 28/08/2015 18:32

fière de toi !!

poulattitude 29/08/2015 08:47

merciiiii

vinh 28/08/2015 17:51

super ! :)

poulattitude 29/08/2015 08:48

merci :)