Les idées cadeau à Zéro Euro

Publié le par Poulattitude

J’ai lu hier cet article du Monde a priori intéressant, qui propose des idées cadeaux à zéro euro.

 

 

L’auteur propose d’offrir du temps à partager, pour faire « une balade, un massage, un repas, du temps pour ne rien faire, mater un film ». Ok, pas mal… mais pourquoi attendre Noël ??? Le temps, c’est toute l’année qu’il faut l’offrir…

 

Il propose également d’offrir un savoir-faire « Votre grand-mère est désireuse de comprendre Facebook ? Profitez de l'occasion pour vraiment lui montrer cette fois. » Même réflexion de ma part… ça part d’un bon sentiment, et ça doit bien sûr se faire : Mamie nous apprend à tricoter et nous on lui apprend Facebook. Bel échange intergénérationnel ! Beau stéréotype aussi :p  Mais pourquoi attendre Noël ? Parce qu’on ne voit pas Mamie le reste de l’année ? Ça peut être une réponse (même si c’est dommage de la voir si peu, mais on n’a pas toujours le choix.) En tous cas, pour moi, ce n’est pas un cadeau à proprement parler, plutôt un moment d’échange et de partage comme il devrait y en avoir plus.


L’idée du périple COrévolutionnaire (comprenez un voyage pas cher avec couchsurfing et auto-stop inside) ne me convainc guère. Peut-être parce que j’ai autour de moi des personnes qui préfèrent l’hôtel avec douche au camping sauvage avec hygiène non garantie… ? Pour ma part, je trouve l’idée est charmante : mes 19 ans sont bien loin mais à l’époque nous avions improvisé un tour de l’Irlande pour étudiantes fauchées avec ma copine Marion : hygiène pas garantie, certes, mais beaux souvenirs ! Cependant, c’est à mon avis plus une histoire personnelle de se concocter un voyage à l’arrache. Ou une idée néo-bourgeoise (voir la fin de mon article) ?


 

Offrir des cadeaux troqués ou récupérés : ça c’est une belle idée, qui permet des économies, de la réutilisation (écologiquement vertueuse) et surtout une possible customisation qui fait toujours plaisir ! Offrir un peu de soi, de son temps et essayer de faire un cadeau adapté à la personne, c’est le top du top. > voir « Consommer autrement : l’occasion et le reconditionnement. »


Le Do-it-Yourself rejoint l’idée de la récup. Et pour ceux qui manient mieux le fouet que le pinceau, il y a la possibilité de préparer aussi des paniers gourmands personnalisés. > Voir ou revoir les idées de Ju2Framboise

 

 


 

Bref, je ne retiens pas grand-chose de neuf de cet article du Monde au final, car hormis la récup et le DIY, les idées sont somme toute très théoriques, et autant un enfant peut offrir à ses parents des « bons pour un câlin » ou « bon pour faire la vaisselle » (lol j’ai hâte d’en recevoir), autant je ne me vois pas offrir à mes parents un « bon pour aller prendre l’apéro plus souvent chez eux »… ou un « bon pour installer Open Office sur ton PC » (note pour Papa !) OK, le temps c’est de l’argent, mais pour moi on ne monnaie pas ce genre de chose ! Et passer du temps avec ces proches, c’est un plaisir partagé, pas un cadeau…

 

A défaut (OK ça coûte des sous et ne rentre pas dans les idées cadeau à zéro euro- disons que l’on reste dans le consumérisme, mais moins envahissant, et théoriquement moins polluant), les « Box » (ou autres bons cadeaux) sont des cadeaux dématérialisés qui doivent plaire vu le boom qu’elles ont connu. D’après mon expérience personnelle, à ne pas mettre entre toutes les mains, surtout pour les Box à choix multiples (Wonderbox, Smartbox…), car la décision,  l’organisation et le temps d’attente peuvent être un peu rebutants.

 

 


 

Par contre, les commentaires de l’article méritent réflexion.

 

Je cite Alpha « Je suis désolé, mais faire un cadeau qui ne vaut rien, c’est une idée bourgeoise. »

Selon lui, primo : « Les pauvres ne peuvent pas se passer de la matérialité de Noël, pour plusieurs raisons. Des raisons pratiques ; beaucoup de parents profitent de Noël pour acheter et offrir des objets utiles à leur enfant parce que le reste de l’année ils ne le peuvent pas. »

Secundo :  « Pour beaucoup de gens qui n’ont pas les moyens tout le reste de l’année, Noël représente l’occasion de se faire plaisir en s’imaginant un monde qui n’est pas le sien. » Le fait de dépenser donnerait « l’illusion de faire partie de la communauté qui m’entoure, et donner à mes enfants ou à la famille l’illusion qu’ils ont le même droit de cité que les enfants ou les familles plus aisées. »

 

Et je tempère… nous sommes privilégiés en France… les enfants qui ne peuvent pas avoir les objets utiles pendant l’année, je n’en connais pas. Je parle d’objets utiles comme ceux qu’Alpha cite, des « livres de révision » ou des vêtements (des vêtements de marque, ça sort déjà de l’utile et entre dans la notion de plaisir.) Pour l'histoire de la machine à laver, c'est une autre question, bien sûr on n'est pas dans le rejet de la modernité, offrir une machine à laver à ses (grands) enfants pour Noël, ou y contribuer, ça coule de source.

 

Il est vrai que les enfants sont particulièrement touchés par le côté marketing de Noël, ils veulent avoir le jouet qu’ils ont vu à la télé, ou celui que leur ami a… c’est sûrement ce à quoi Alpha pense. Mais pourquoi ne chercherait-on pas à changer les mentalités ? Ou du moins à les tempérer ?

Je connais des personnes qui ont peu d’argent, et qui ne conçoivent pas de dépenser moins de 200€ par enfant pour Noël. Pour eux, peu de cadeaux c’est priver leurs enfants, et cela leur pose des problèmes existentiels lorsqu’ils ne peuvent pas leur offrir tout ça. Mais a-t-on demandé aux enfants ? Au final, un « beau » cadeau, un cadeau réfléchi, est souvent symboliquement plus marquant pour l’enfant, qu’une multitude de cadeaux pour se donner bonne conscience. Et l’enfant ne se rendra pas compte du prix, ni du fait que peut-être le jouet est d’occasion. D’ailleurs on s’étonne toujours que les enfants préfèrent le jouet le plus minable du lot (comprenez : celui qui nous a coûté le moins cher), voir l’emballage du jouet. Pour citer un exemple, Léonie est actuellement en adoration devant sa « mini-barbie », une micro-poupée provenant probablement d’un Kinder surprise, et qu’elle a trouvée par terre au parc !

 

A l’adolescence, les cadeaux souhaités sont sûrement beaucoup plus chers (en tant que vieille, j’hallucine encore de voir des enfants de 10 ans demander un PC portable ou un téléphone…Dure réalité ;) …) et les ados ne vont sûrement pas se contenter d’un emballage vide ;) En même temps, c’est aussi l’âge où on commence à comprendre la vie, que pour avoir des sous il faut travailler, que tout n’est pas toujours rose, que le chômage existe (bref, que de choses réjouissantes !) et c’est le moment ou jamais de comprendre que consommer à outrance ne sert à rien, et de devenir raisonnable.

OK, on ne va pas priver un ado d’ordinateur, mais il y a des solutions intermédiaires au cadeau qui coûte un bras :

-    - utiliser le PC familial (pour lequel il faudra partager le temps de présence, mais ce n’est pas plus mal ?)

-  - se « priver » un peu pour regrouper l’achat sur plusieurs personnes (parents, grands parents…) et occasions (anniversaire, Noël…) – l’attente ne rendra le cadeau que plus désiré.

-  - développer son sens du travail en baby-sittant, en donnant des cours à des enfants, en faisant un vide-grenier.

 

PS : On se donne rendez-vous dans 10 ans pour voir ce que ça donne dans la pratique ;)

 

 

Par contre, je suis Alpha sur le fait que Noël ne doit pas être un jour comme les autres : un bon repas, une réunion de famille, des cadeaux (au moins pour les enfants !), tout cela est indispensable ! Une dépense énorme, pas forcément !

 

 

Publié dans Réflexions

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