Mes combats (de coqs)

Publié le par Poulattitude

Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui j’ai décidé de vous parler de choses sérieuses : mes combats.

Brièvement. Et efficacement j’espère :)

La liste n'est bien sûr pas exhaustive, mais ce sont des points qui me tiennent particulèrement à coeur.

 

 

Mon combat de toujours, c’est l’écologie. Raisonnée certes, car je ne suis pas contre la modernité et le confort, mais lier les deux n'est pas impossible.

Moi-même je ne vais pas autant au bout des choses que je le voudrais d'ailleurs, parfois j'ai des remords quand je préfère facilité ou prix à écologie : j'achète rarement du bio, je n'utilise pas assez les couches lavables (zéro en ce moment) et je choisis le pot de miel en version "squeeze" qui n'est pas bon pour le recyclage...

Mais je voudrais au moins que des gestes comme le tri des déchets (si seulement déjà les gens jetaient dans la poubelle et non au bord de la route...), éteindre la lumière derrière soi, etc, fassent partie de l’éducation.

 

 

Tout comme je souhaiterais que garçon ou fille soient éduqués pareillement, et sachent participer aux tâches ménagères d’un foyer. Ce n’est pas à maman de tout faire. Avec mes parents, nous avons toujours, moi comme mon frère ou ma sœur, mis les couverts, débarrassé (sans qu’on nous le demande), aspiré notre chambre (à notre rythme !) Mais ce qui m’a toujours semblé évident ne l’est pas.

Mon 2ème combat, c’est donc quelque chose que j’ai toujours refusé : le féminisme. Je me suis toujours dit que le féminisme était une réponse violente au machisme et que, naturellement, dans notre monde paritaire, les deux ne servaient à rien.

Jusqu’à ce qu’au travail, je découvre qu’être femme et, qui plus est, jeune, était un handicap. Surtout un handicap d’image en fait, car au niveau des compétences, je ne crois pas à la différence de sexe bien sûr, et d’âge non plus, du moins pas dans les cas que j’ai rencontrés. L'âge et l'expérience, ce n'est pas toujours la même chose.

Jusqu’à ce qu’à mon entretien d’embauche, on me demande de promettre que je ne tomberai pas enceinte dans les 2 prochaines années. Manque de po, ça n’a pas loupé, et Henri est arrivé ;-) La maternité est notre première différence, et celle-ci ne changera jamais… M. Hollande a beau vouloir partager le congé parental, le papa ne saura jamais porter ni allaiter son enfant, c’est sûr. Encore faudrait-il qu’il ait envie de faire le reste ? S’en occuper, jouer, changer les couches, dans les bons et les mauvais moments ?

Aujourd’hui 1% des congés parentaux sont pris par le papa… donc si le partage est obligatoire, comme dans ce beau projet, on risque surtout de forcer les femmes à arrêter de travailler sans congé parental et donc sans promesse de retour dans le monde du travail.

Et par la suite, pourquoi ne seraient-ce que les mamans qui poseraient leur journée lorsque les bambins sont malades ??? Une triste et injuste raison pour laquelle un employeur préfèrera embaucher un homme…

Jusqu’à ce que je comprenne qu’au-delà des blagues, mon entourage proche est hautement macho, et qu’avec mes enfants je devrai non seulement gérer seule, mais aussi recevoir les critiques car je ne suis pas une femme idéale (entendez cuisinière et ménagère.) Car le fait que l’homme ne sache pas cuisiner et ne fasse pas grand-chose à la maison est juste quelque chose de naturel. Donc ce combat, ce n’est pas un combat contre les hommes. C’est un combat idéologique et souvent contre les femmes, qui entretiennent parfois encore plus violemment la flamme du machisme.

Dur combat… sera-t-il gagné un jour… ? Les avancées sont minimes… Et quand je vois la chance que nous avons déjà dans notre pays, et quelles souffrances les femmes peuvent vivre ailleurs…

 

 

Mon 3ème combat, c’est la France. Notre pauvre pays duquel on n’a plus le droit d’être fier. Le drapeau français est devenu un tabou. Quel dommage…

Je suis pour une France ouverte et fière. Une France dans laquelle les immigrés et les autochtones se sentent chez eux, dans laquelle les nouveaux diplômés s’installent, au lieu de partir systématiquement vers des horizons plus prospères et ouverts à leurs ambitions…

Une France industrialisée. J’ai la nostalgie des années que je n’ai pas connues… du début du 20ème siècle, des artisans, des petites industries. La nostalgie d’un temps où les objets valaient quelque chose, et où on savait les réparer.

Aujourd’hui, tout est toujours trop cher mais parce qu’on ne connaît plus la valeur de rien. De nos jours, mieux vaut racheter un vêtement que le repriser, on change de machine à laver dès qu’elle tombe en panne, et on change d’écran de télé au fur et à mesure des progrès technologiques. Et tout ça n’est pas fabriqué ici. Moi comme les autres, je compare les prix : pourquoi acheter un produit X fabriqué en France 4 fois plus cher que sa parfaite copie fabriquée en Chine ? C’est trop facile ! Et surtout, le temps passe, et on ne trouve quasiment plus aucun produit X fabriqué en France…

Hormis les marques de luxe qui, au-delà de leur qualité, sont excessivement inabordables pour toute personne « normale. » C’est le seul domaine industriel qui vit encore bien en France, grâce à notre image de la France qui fait rêver. Sauf que cette image risque de se dégrader, au vu du caractère des Français, peu aimables, peu travailleurs, démoralisés, y compris face aux touristes fascinés par notre pays.

 

 

 

 

A ce propos, je vous conseille d'aller voir  le combat de Julie, une jeune maman qui aimerait juste retourner travailler. Et dans son cas un peu particulier (pas si particulier vu que c est le cas pour toutes les familles de travailleurs frontaliers monégasques!), ce n'est pas possible...

 
Julie a d'autres combats, notamment elle s'implique dans la célèbre opération pièces jaunes. On connaît bien Bernadette Chirac, mais on se souvient moins à quoi ca sert... Grâce à Bernadette, Julie a pu rester au chevet de son petit Gabriel pendant ses séjours à l'hôpital. Maintenant, Gaby m'a promis, il n'y retournera pas avant l'opération des dents de sagesse ;-) bah oui, car il est très sage ce petit! ...Mais pour tous les autres enfants et parents, pensez-y.

Publié dans Réflexions

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Fr@nk 05/04/2016 13:41

Je profite d'etre de passage ici pour commenter ton vieil article qui me semble toujours plus que d'actualité ! Je suis en accord total avec toi, il y a encore du boulot .. mais il faut y croire !

Lulepiaz 31/03/2013 14:41

Je crois que je suis à 120% d'accord avec tout ce que tu dis là!

Poulattitude 03/04/2013 12:49



merci pour ton commentaire :) ça fait plaisir de vous qu'on n'est pas seule !



lilyla 24/03/2013 20:42

et bien merci à Ju2framboise de m'avoir fait atterrir ici :) j'ai beaucoup apprécié vous lire ... je me retrouve un peu dans chaque ligne (bon d'accord nous c'est 100% lavable lol). J'ai fait de
longues études (8 ans) et par rapport à ce que vous dites je note que nombre de mes collègues partent à l'étranger après la fin de leur thèse, que nombre de mes collègues sont des immigrés
"choisis" : on utilise leur connaissance et leur capacité mais personne n'est là pour les aider à s'installer (et encore moins leur famille quand ils veulent la faire venir car l'éloignement est
dur sur 3 ans ...). J'aime la France pour sa diversité mais suis déçue de son accueil envers les autres et pas que les immigrés, la différence enrichit non? et pourtant j'ai toujours l'impression
qu'elle fait peur, c'est attristant ! J'ai aussi le plaisir de découvrir que des réseaux s'organisent pour sortir de cet individualisme et proposer une aide pour les démunis mais aussi pour réparer
plutôt que jeter ou tout simplement partager dans une association. J'ai espoir que la décroissance réfléchie nous emmène vers une France ouverte et en tant que maman, que les jouets sexistes
deviennent colorés et pour toutes les petites mains qui construiront notre devenir aussi !

Poulattitude 25/03/2013 21:15



Merci beaucoup pour votre commentaire Lilyla ! et oui, on espère un avenir plus gai et coloré ;) même si je ne suis pas du genre à voir le verre vide... on ne peut pas tout déplorer de notre
époque mais il y a beaucoup mieux à faire avec ce que l'on a :)



Ju' de Framboise 24/03/2013 13:12

Ohhh merci ma douce Anaïs :)
J'en ai les larmes aux yeux en lisant ce que tu as écrit sur moi.
Merci merci merci !

Sinon je voulais te dire que je suis désolée pour tes combats à toi aussi. Il est quand même aberrant qu'à notre époque on doive encore autant se battre pour des choses qui devraient être
acquises.
On se doute bien qu'une jeune femme, en couple, a de fortes chances d'avoir un enfant. Je comprends que ça soit compliqué à gérer pour une entreprise, mais l'avantage qu'ils en tirent c'est qu'en
général ces femmes cherchent la stabilité et ne démissionneront pas du jour au lendemain...
De plus, à un retour de congé maternité, on revient avec des idées fraîches et de l'expérience à partager...

Que pouvons-nous faire malheureusement à part en parler comme tu le fais si bien...

Poulattitude 25/03/2013 21:21



Merci pour ton commentaire et ton partage, Julie :)


Je crois que ce combat est perdu d'avance malheureusement, car ce que je vois autour de moi, c'est des femmes qui choisissent entre carrière et enfants. J'ai acheté le "Marie-Claire" qui parlait
de concilier famille et carrière, et j'ai été très déçue, car ils ne parlent que de femmes cadres sup' ou chirurgien etc... qui ont des nounous à domicile. Non seulement je ne suis pas si sûre
qu'elles profitent vraiment des enfants, mais surtout si nous pouvions toutes nous permettre d'avoir une nounou à domicile... on le ferait!